Damien Mohn explore dans ses textes les vertiges de l’amour, de l’absence et du doute intérieur, avec une écriture sensible, dense et introspective.
Le soleil rayonnait, la lumière filtrait sous les feuilles biseautées des arbres ballottant sous le vent
plongeant dans la rivière vers un délice d’étoiles mourant sur la surface à la vitesse du courant,
soudain il se mit à pleuvoir, des gouttes s'abattaient sur la végétation et de cette beauté écorchée,
de ce silence nourrissant, de ce vertige des mouvements, à rappeler que la nature pouvait être prise
de déni à respirer la mort plutôt que la vie, cela rendait le songe farouche à le remplir d'amertume.
L'écriture se fortifiait à mesure des épreuves dépassées, les formes projetaient le souffle d’un voyage
et à tenter de la rassurer pour lui dire que nous avions besoin de temps, que l’émotion devait rester
froide à prendre de la distance, les peurs paralysaient parce qu’elle s’interdisait d’être heureuse, elle
refusait un regard autre que d’être transformé pour tenter de nouvelles aventures, alors à
interpréter ses propos sans qu’elle en tienne rigueur, comme si simple objet à ne pouvoir prendre
l’apparence de ses désirs, à faire fausse route et prit de contradictions, j'espérais malgré tout, que la
voix du cœur puisse l'élever…
Aimait-elle quand je lui murmurais à l'oreille des mots coquins et drôles, qu'à chercher à remplir le
vide de vide, à voir dans son regard le fait de se reconnaître et de connaître, je m'amusais du miroir à
faire de cette découverte de nouveaux mondes à explorer, mais vers quoi penchait-elle car la couleur
de son ciel s’amusait à rendre l’homme plus vertueux, elle déferlait comme une vague, nourrissant
les pensées et à regarder le chemin il semblait qu'elle passait et que jamais je la retrouverais, comme
si disparu et à la rechercher, la torture de l’absence terrifiait, car à aimer et à être séparé, la nuit
réverbérait de vieux démons, hors dans l’abîme elle rattrapait l’esprit presque évanoui, pour bannir
la peine et la réchauffer de paroles, d’actes, de ciel et de paix.
L'oiseau chantait-il que livrer à la vie l'amour n'existe pas, que les actes se font sans réfléchir et que
le sens n'a de vrai que s’il est invention humaine, car ses silences renfermaient les trésors d’un pays
sauvage dont l'ampleur du songe par la beauté dévoilée, masquait le fait même d’être admiré, alors
dans une mécanique donnant à la répétition le sens positif à chasser les ténèbres, là ou les
souffrances se nourrissaient de pessimisme comme à trouver beau, de voir tomber la neige dans la
nuit, car telles étaient les lois de la nature parce que combattre le mal semblait cause perdue tant
trop de souffrances sévissaient, alors à lutter contre le mal pour assainir le monde au nom d’un bien
qui n’avait rien de positif car c’était plutôt un bien négatif mais qui restait un bien, l’envoûtement par
le plaisir même d'envoûter, à lutter par le mental à protéger le bien, que le bien soit bon ou mauvais,
à vouloir influer les évènements, à apporter la lumière, c’était un peu moins de mal dont un monde
qui puait…
Comment pouvais-je être résigné devant elle et que l’absence s’éternise, car en tant qu'humaine, il
lui suffisait d'accepter que l’âme change à mesure que le terrain se découvre, car à enseigner ce
qu’elle ne savait pas pour avoir négligé l’apprentissage, les faiblesses semblaient une force parce
qu'un roseau plie sous l’effet du vent alors qu'un chêne cède sous la tempête, en fait je
m’interrogeais pour parler alors que je n’avais rien à dire…
Comment pouvais-je avoir idée de diriger son esprit quand lorsque libre comme le vent, elle reflétait
la vie, d’ailleurs la vie j'en manquais et c'était pour ça que je la convoitais, car son sourire paraissait le
chant du coq au réveil du jour, son âme guidait ouvrant de multiples directions, l’eau ruisselait, les
forets respiraient, le vent pouvait souffler, les poussières voler, les villes s’énerver, les rivières
s’assécher, elle surclassait la réalité à faire des astres une carte de route pour suivre le chemin des
étoiles qui semblait guider l’émotion, ainsi si le rêve dans un monde victimaire, à théoriser le pire
comme si l’histoire ne pouvait aboutir, à voir le mal et qu’elle se nourrisse des craintes, je doutais
qu'elle s'intéresse à un autre, hors à cultiver l’amour, novice et peut-être ennuyeux, car une âme ne
pouvait aimer un corps qui existe pour travailler, mais aimer avant tout parce qu’une âme aime avant
de s’aimer, je craignais qu’elle me jette comme une vieille chaussette…
Je doutais de ma fidélité, de mon amour pour elle si l'amour se prouvait par les actes, je doutais du
manque de créativité, même d'être angoissé d'un trop grand bonheur, à vrai dire je doutais de mes
sentiments, de mes derniers échecs et de mes réussites.
Pouvait-elle imaginer ce qui semblait impossible, car à se projeter à l'aveugle sans savoir si elle était
réceptive, à se mettre la barre haute, je craignais d'être déçu, fallait bien se connaître, la lenteur et le
partage semblaient une nourriture saine et non le choix d'une autorité qui imposait des lois, ne dit-
on pas pour être heureux vivons cachés, c’était mal barré, à construire des illusions cela ne pouvait
pas empêcher la réalité d’avancer, éloigné de sa présence c’était comme un jour de pluie...
Je me rappelais une sortie place Concorde à Paris où nous étions partis nous promener un jour d'été,
sa petite robe à fleurs se soulevait au vent, elle souriait devant les fontaines, un livreur traversait la
rue avec un gros carton tenu à bout de bras, une femme traînait sa valise, partait-elle ou revenait-
elle de vacances, au loin une sirène d’ambulance sonnait, des couples admiraient le paysage, et là
elle me racontait qu'elle avait une fenêtre de sa maison cassée et qu’il fallait la changer, le vendeur
avait encaissé le chèque sans poser la fenêtre, on rigolait comme si à prendre sans acte de pudeur, la
grâce se révélait vulgaire, la beauté avait différents visages, sur les quais de Seine on regardait les
péniches défiler près du pont Alexandre III, le temps semblait sans emprise, elle me parlait de sa
passion pour les chevaux, de son amour pour les animaux, de ses deux chats, Flocon et Gribouille et
de son chien Oscar, elle ne s’imaginait pas mariée et encore moins avoir des enfants, l’absurde c’est
qu’elle était mannequin de cabine pour une société de vente de robe de mariée, ainsi flânant sur
l’absurde, à révéler nos sentiments, nous nous demandions si on n'était pas un peu fou à manquer
de folie…
Qu'allait-elle faire, son cœur allait-il écouter la raison, le charme allait-il agir, car à manquer parfois
de sensualité, quoi faire si on restait tous les deux dans le silence, elle semblait les yeux du monde,
toute chose extérieure semblait frapper de son empreinte…
Vive comme une abeille et légère comme une plume, elle s'amusait à faire croire le pire pour après
dire que c'était une blague, son énergie me plaisait, son orgueil moins, son rapport au temps, son
respect, sa tempérance, son humour m’attirait, le fait qu'elle soit de bonne famille, sa beauté, son
innocence et ses croyances, tout chez elle me plaisait, alors qu'elle se mette nue comme un trésor à
prendre, j'avais envie d'y croire peut-être pour la première fois et non pas tomber dans des clichés
abjects, à lui faire croire qu'elle n'était pas une priorité.
Je doutais de mon manque d'empathie mais pour ne pas regretter d'avoir tenté de l'aimer je voulais
essayer, est-ce que je déraillais, le désir montait, mais sans reflet le désir se fourvoyait, comme si à
vouloir la regarder c'était se méconnaître, alors mon âme criait, mon corps pleurait, les silences
m'angoissaient, le jour venait de tomber, la nuit était une bonne compagnie, les songes soignaient
une triste réalité que de fuir pour se sentir exister, était-ce cela ne pas être, se replier alors que d’un
naturel ouvert, joyeux et sans problème, peut-être aussi naïf devant les intérêts privés, à rester sans
plaisir, seul, je pleurais son absence que de ne pas me connaître.
Texte de Damien Mohn – publié avec l’autorisation de l’auteur
© Damien Mohn – Toute reproduction ou diffusion sans autorisation est interdite
Vos impressions sont précieuses. N’hésitez pas à partager votre ressenti après la lecture.
Vous pouvez retrouver l’auteur et ses partages d’écriture ici : https://www.linkedin.com/in/damien-mohn-b4b760154/
Élisabeth de Cordoba - Thelibrisworld


L’écume d’une déclaration
Voici une lettre qui porte le nom d'une douce rêverie lorsqu'à être pris par la main au bord de la mer, on regarde l'horizon.
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